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Une Ère de Discipline : Maison Schiaparelli par Daniel Roseberry

Une Ère de Discipline : Maison Schiaparelli par Daniel Roseberry

La dernière collection Couture de la maison Schiaparelli, prévue haute en forme, en couleur et en volume exagéré, ne put jamais voir le jour, à cause de la crise du covid. Est-ce que tout cela en valait la peine sachant que le présent était devenu indissociable d’un sentiment de perte.

La perte des êtres qui nous sont chers, la plus déchirante. Mais aussi la perte de nos certitudes, la perte de nos garanties, et de l’idée même d’un futur collectif. Alors en comparaison de cela, la mode semblait à Daniel Roseberry très futile, il lui fallait retrouver un but, une raison de continuer.

Cette collection n’existe pas pour les likes, pour la critique ou d’autres raisons futiles. Elle existe pour la beauté de la mode, la beauté du savoir-faire des artisans, des couturiers et de toutes les personnes qui ont travaillé sur cette dernière. Elle existe pour communiquer de l’émotion au public.

Mr Roseberry a donc décidé de présenter une collection avec le même niveau d’intensité que les autres sans s’appuyer sur les artifices. Il lui fallait simplement du noir, du blanc et du doré. Il délaisse le surréalisme pour se concentrer sur le divin, représentation du ciel et échappatoire au chaos actuel de la planète.

Il imagine donc des êtres dont les vêtements défient les lois de la gravité. Cette saison tourne autour d'une vaste redéfinition de l'or de Schiaparelli. Pourquoi l’or, qui ne pourrait pas convertir avec l’idée de revenir à l’essentiel, tout simplement parce que cela matchait et sublimait le noir et le blanc. C’est le seul artifice qu’il a autorisé durant la création de la collection.

C’est donc au Petit Palais que Schiaparelli donna le coup d'envoi de la Fashion Week haute couture printemps-été 2022. Devant des invités, parmi les plus influents dans le monde de la mode actuelle, étaient présents le couple Kanye West et Julia Fox, Kylie Jenner, Simon Porte Jacquemus. La maison faisait défiler 32 silhouettes, démonstrations d'un savoir-faire unique.

Roseberry s’est complètement séparé des couleurs et les volumes, il revient à l'essence même de la couture avec Une ère de discipline, collection imaginée avec une palette de couleur restreinte, comprenant uniquement du noir, du blanc et du doré. Cette dernière teinte permet par ailleurs une redéfinition de l'or Schiaparelli, ni chaude ni froide, imaginée tout particulièrement pour la maison.

Malgré cette limitation, le défilé était rempli de détails incroyables : déclinaisons graphiques, broderies signatures en trois dimensions, ornements trompe-l'œil en cuir moulé, silhouettes qui défient les lois de la gravité… Chacun de ses looks intrigue autant les sens que l'inspiration qui les définit.

"Il y a ce mot en français pour quand vous conduisez à flanc de falaise et que vous avez l'envie soudaine de sortir de la route. C'est ce qu'on appelle l'appel du vide", dit-il lors d'une avant-première la veille. En français, le terme est l'appel du vide et ce n'est pas aussi désespéré qu'il y paraît. Psychologiquement, c'est une pensée intrusive qui affirme notre envie de vivre. "Je pense que c'est ce que j'ai ressenti dans cet espace", a-t-il dit dans le studio rempli de robes orbitales et de sacs planétaires.

Roseberry s'est énormément inspiré du cinéma spatial : Dune, Prometheus, Interstellar, Arrival. "Nous n'arrêtions pas de dire 'Planet Schiaparelli' : je voulais faire quelque chose qui ne ressemblait à personne d’autre".

Roseberry a exercé son objectif dans des créations forgées dans les images de la galaxie et de la science-fiction. Littéralement, des anneaux saturniens en laiton orbitaient autour d'un corsage corset en toile noire tissé de fleurs noires en jacquard, et encerclaient un bustier en métal doré qui n'était pas seulement pour le spectacle. Une série de structures évoquait le mouvement des méduses, qui à son tour, dans le schéma de la science-fiction, évoquait The Abyss de James Cameron.

Une matière de crin exposée rassemblée autour des épaules d'une mini-robe en crêpe de soie noire et rebondissant comme des tentacules alors que le mannequin défilait sur la piste du Petit Palais. Un effet similaire a pris forme autour des chevilles d'une robe en velours bustier, et dans les tentacules en laiton qui vibraient autour de la longue robe en jersey noir de Mariacarla Boscono.

Fait intéressant, si vous supprimiez les éléments de science-fiction, vous vous retrouveriez avec une série de robes noires sophistiquées plus légèrement imprégnées de ce que Roseberry appelait des détails "aérodynamiques", comme l'encolure allongée du bustier en sergé noir de Kiki Wilhelm.

Le but était de créer ce sentiment de simplicité. Il fallait affiner la collection, susciter les mêmes émotions avec des vêtements sans volume et sans couleur. C'était une façon intelligente pour Roseberry d'unir les attentes de la grandeur de Schiaparelli avec les attentes de quelque chose de nouveau. Ce qui, d’après les nombreux retours sur la collection, semble être parfaitement réussi.

 

Ninon Baniel

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